A quoi jouer la paix mondiale ?

 

Malgré les apparences, ceux qui se foutent sur la gueule ne veulent pas moins la paix que vous. A condition de la gagner. Et tous les prétextes sont bons. « La ville sainte », par exemple. Si ce n’était pas aussi tragique, ce bras de fer de cour de récré vous ferait doucement rigoler.

Là comme ailleurs, l’ONU peine à faire taire les armes. Alors quoi, rien de tel qu’une bonne guerre, comme l’assènent à l’envi les vieux schnoques de tout poil ? Vivement la 3e, qu’on se marre un peu. Somme toute, un conflit n’est qu’un jeu grandeur nature où les états-majors déplacent leurs pions en multipliant les coups tordus.

Autant éviter l’hécatombe et jouer à d’autres jeux. Mais lesquels ?

Si celui de la diplomatie ne convainc plus personne, imposez vos propres règles. Après tout, l’équilibre du monde repose entre vos mains.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en géostratège civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Soyez sport, évitez le scrabble et tous les jeux où votre alphabet dérouterait l’adversaire. Imaginez le casus belli avec les Emirats ou les faces de nems. Essayez plutôt le rami, le 421 ou un coup de poker.

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♦  Vous avez toujours eu de la chance à la roulette russe. Faites confiance à votre bonne étoile, sauf si la partie a lieu au Kremlin : il y a des hasards moins fortuits que d’autres.

 

♦  Jouez la paix à « pierre-feuille-ciseaux » (ou, selon les variantes régionales, « caillou-papier-ciseaux »). Vous seriez surpris du nombre d’armistices conclus de cette façon.

 

♦  Au moment de déclencher le feu nucléaire, avec un ou deux camarades, tâchez de découvrir la combinaison chiffrée par déduction. Attention, vous n’avez droit qu’à trois essais.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Plans Marshall

 

Les médias frétillent comme un seul homme à l’annonce d’un plan Marshall, notamment pour les banlieues. Bref rappel historique : George Marshall, 1880-1959, général des Stazunis dont le fameux plan permit de reconstruire l’Europe il y a une guerre de ça. Pas étonnant qu’on ne voie jamais la couleur d’aucune réplique. Notamment pour les banlieues.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Chaque fois qu’un décideur sort un plan Marshall de son galure, pouvez être sûrs qu’il ne pèse pas ses mots : c’est du figuré. Sous-entendu : aux grands maux les grands remèdes, z’allez voir ce que vous allez voir.

Sinon foutage de gueule, l’expression est du moins à prendre avec des pincettes. Comme il s’en lance à peu près un par semaine, de plan Marshall (notamment pour les banlieues), on finit par douter, c’est humain.

 

Pour éviter qu’on ne gamberge trop, il arrive qu’on nous mette du Grenelle en attendant :

il faut un Grenelle des banlieues.

Voilà qui ne mange pas de pain et qui permet de dormir sur ses deux oreilles.
L’inconvénient, c’est que c’est moins martial que Marshall – sans mauvais jeu de mots. Parce que si le nom n’en impose pas un minimum, comment pourrait-il être suivi d’effets ? Imaginez que le grand sauveur se soit appelé Engelbert Humperdinck. Ou Michel Tupperware. Ou même George Bay. Il n’aurait sans doute pas laissé la même trace dans l’Histoire.

plan-marshallToute péroraison à base de plan Marshall est donc vivement déconseillée. Y compris si vous vous appelez Marshall ; de quoi auriez-vous l’air, autoproclamé avant même d’avoir débloqué le premier kopeck ?

 

Laissons Marshall où il est : avec les asticots à Washington. Que celui qui se retrousse les manches propose un plan tout court.
Ce que la testostérone y perdra, la modestie y gagnera.

Merci de votre attention.

 

Comment réussir un gâteau parfait sans œufs, sans gluten, sans beurre, sans lait, sans sucre, sans eau et sans électricité ?

 

Bien sûr que c’est possible ! A condition d’avoir un moule et un minimum de volonté.
Poilus dans les tranchées, Amundsen sur la banquise, Bombard au milieu de l’océan… Imaginez-vous tous ces grands garçons résignés à l’heure du dessert ? Contre vents et marées qu’ils se le faisaient, leur rata, convaincus que la vie aurait toujours raison de l’adversité.

Certes, en milieu tempéré par temps de paix, nous nous faisons quelquefois chier l’ennui gagne. D’où l’utilité de se recréer des contraintes. Si possible en mettant tout sur le dos de votre foi, histoire de vous rendre intéressant. Porc prohibé 7 jours sur 7 ici, là poisson mais uniquement le vendredi… C’est rigolo comme tout !

Mais la foi finit elle aussi par lasser. Heureusement, il vous reste l’excuse du foie.
Pour vos gâteaux, choisissez donc des ingrédients de substitution qui aient assez le vent en poupe pour ne pas vous causer d’allergies, ni d’aigreurs, ni de petits boutons. A vos tabliers ! (D’ailleurs le tablier ne s’avérera pas moins superflu, vu le peu d’ingrédients mobilisés).

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en pâtissier civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Un gâteau goûtu ? Vous n’en êtes plus là. D’ailleurs qui a dit qu’il devait être comestible ? Faites donc d’une pierre deux coups et assemblez comme une pièce montée l’innommable bordel qui encombre votre débarras. Du mastic pour lier le tout, vos convives n’y verront que du feu de chalumeau.

 

♦  A pied, à vélo, à dada, en voiture (non électrique), ralliez la capitale au Finistère. Votre Paris-Brest ne pourra souffrir aucune contestation.

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♦  De même, profitez de votre prochain passage au bloc opératoire pour enfiler un calot trop petit. Vous obtiendrez une superbe charlotte aux fraises.

 

♦  Mollo tout de même au moment de fourrer vos religieuses.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.