Petits durs à pédales

 

Il suffit d’un crâneur pour lancer une mode. Surtout si celle-ci consiste à mettre publiquement sa quéquette en avant. Ainsi le jeune cycliste mâle a-t-il coutume de cabrer son vélo dans sa course en signe de virilité.
Le gorille se cogne le torse, le paon fait la roue, le petit dur lève la sienne.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Ce n’est pas que ce comportement soit typiquement masculin. Il l’est exclusivement. Observez les pavements alentour : aucune congénère ne s’annonce à la cantonade bicyclette en rut. Sans vouloir verser dans le freudien de pacotille, force est de constater qu’il y a du phallique là-dessous*.

 

Ces raids mono-roue font frémir d’un bout à l’autre. Au-delà du taux de gadins qu’ils entraînent (tenu secret par la population concernée car ça n’arrange pas ses affaires), ils n’épatent même pas les petits copains. A plus forte raison les petites copines, dont l’intérêt avoisine celui d’un troupeau d’Aubrac au passage d’un train.

Pourquoi cette fuite en avant ? Le petit dur a-t-il seulement songé à explorer les possibilités de sa roue arrière ? Evidemment non : ce n’est pas de ce côté qu’il escompte attirer l’attention. CQFD.

Vitnage-Bikes-Set

Sociologie à deux roues, suite : le petit dur hébergera une fille du sexe féminin sur le guidon seulement. Alors qu’en se trouvant dans son dos, elle sera non seulement plus confortablement installée mais à portée de nichons qui plus est. Mectons, faut vraiment tout vous dire.

Plus inquiétant : on voit souvent des filles du sexe féminin gloussant par paires comme un seul homme. Là encore, le partage de la selle augmenterait la visibilité d’environ 100% et réduirait d’autant les risques de se viander atrocement.

Braver la mort est plus épanouissant à plusieurs. Et quel gage d’indéfectible amitié offert au reste du trafic.

 

D’ailleurs, un petit dur ne combinera jamais les deux prouesses : à ça du sol, sa conquête serait éjectée du cadre.
On ne mélange pas quéquette et amitié. CQFD.

Merci de votre attention.

 

* Falik Latçu, célèbre chanteur berbère à qui l’on doit Merguez de ma vie.

 

Stations en bataille

 

Laisser un endroit dans l’état dans lequel on le trouve ; de par leur sacerdoce, voilà bien un principe qui ne s’applique pas aux garagistes (bien que le plus souvent, tout indique qu’ils n’ont touché à rien). C’est même incompatible avec le décrassage du transmuteur à cause de la valvinette du vilebrequin et des clapettes parallèles qui jouaient sur le sous-ignifugeur principal et c’est pour ça que les pas de vis de la calissandre étaient foutus.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Forte de cet avantage sur nous autres mortels, l’engeance à mains noires pousse le bouchon de radiateur jusqu’à tripoter votre autoradio. Au sortir d’une réparation vous laissant déjà l’impression de vous être fait emboutir l’arrière, des hertz inconnus s’affichent au tableau de bord et retentissent dans vos baffles. Et tous vos rogntûdjûs n’y changeront rien.
Exactement comme si vous récupériez votre ordinateur guéri d’on ne sait quelle vérole par le technicien qui en aurait profité pour installer un nouveau fond d’écran plus à son goût.

Hein que c’est énervant.

Quelque amour qu’ils vouent au cambouis, les mécanos font un boulot pénible. A l’atelier plus qu’ailleurs, bosser en musique est donc légitime. Que ne dérèglent-ils leur propre transistor ?
Au motif qu’ils opèrent à cœur ouvert une titine qui n’est pas la leur, devraient-ils en disposer comme bon leur semble ? Et sans recoudre ?

Un viol supplémentaire, voilà, automobilistes, ce qu’on vous inflige après la douloureuse.

 

Pour que votre intimité ne soit plus jamais souillée, un bon geste : achetez un vélo.

Merci de votre attention.